Le
poids de l’histoire :
S’il
est bien une technique biométrique perçue comme différente à toutes les autres
c’est bien l’empreinte digitale. Derrière elle est véhiculé plus d’un siècle d’histoire :
elle a été effectivement reconnue scientifiquement en tant que moyen d’identification
des personnes pour la première fois lors de la démonstration de Sir Francis Galton
à la « Royal Society » en 1888. Le traitement de l’empreinte est depuis
cette date, sans conteste, la technologie la plus démontrée et la plus éprouvée.
Mais c’est aussi à cause de ce poids de l’histoire et de toutes ces images de
films policiers, où il ne fait aucun doute que la moindre image d’empreinte aboutira
à l’identification inéluctable du suspect, que l’empreinte est aussi porteuse,
plus que toute autre technique, de risques en matière de liberté individuelle.
Cela doit il induire,
en matière de biométrie, une attention particulière concernant l’usage de l’empreinte
digitale ? C’est sûrement une erreur dans laquelle le subconscient collectif
a naturellement des chances de tomber. S’agissant de leur usage, toutes les techniques
biométriques méritent la même attention et renvoi au débat : la biométrie
est elle une agression aux libertés individuelles ou un moyen de protéger le patrimoine
et la vie privée ?
Quelques
définitions et conséquences :
Le
traitement des empreintes digitales a pour objectif fondamental d’ « identifier »
ou d’ « authentifier » des personnes.
Par
« identifier » il faut comprendre : trouver la référence
d’une personne parmi un ensemble de personnes connues à priori. On dit encore
qu’identifier est une fonction de comparaison d’une personne par rapport à n personnes
, ou encore opération 1 : n .
Par
« authentifier », il s’agit de confirmer, à partir d’une information
fournie par une personne (pin, données biométriques,…) que cette personne est
bien ce qu’elle prétend être. C’est une opération 1 : 1. Il est, à cet égard,
utile de remarquer qu’une fonction d’authentification, dont le résultat se résume
à « oui » ou « non », ne met pas en jeu l’identité de la personne.
D’une
manière générale, la sécurité des systèmes repose sur l’usage judicieusement combiné
de ces deux fonctions. L’identification servira, lors de la délivrance
d’un droit, à vérifier que le demandeur ne fait pas l’objet d’interdit et qu’il
n’existe pas déjà, dans le système, sous un autre nom. C’est à cette étape que
sera aussi crée l’information biométrique de référence (template) qui servira
à authentifier ultérieurement le demandeur lors de l’usage du droit.
Toutes
les techniques biométriques offrent des fonctions d’authentification ; il
n’en est pas de même en matière d’identification. Seules les techniques qui reposent
fondamentalement sur des informations biométriques uniques pour chaque personne
peuvent envisager de remplir correctement cette fonction. Historiquement l’empreinte
est la première technique permettant à la fois d’identifier et d’authentifier.
Dans l’état actuel de nos connaissances, à part l’Iris et l’ADN, il n’existe pas
d’autres techniques pouvant prétendre remplir efficacement une fonction d’authentification.
Les
marchés du traitement automatique de l’empreinte digitale :
Le
traitement automatique de l’empreinte digitale ne se résume pas à une activité
industrielle monolithique. Une bonne segmentation des marchés, des produits et
des acteurs est le préalable à toute analyse de ce secteur d’activité. Certaines
études de marché sur la biométrie ont péché, dans le passé, par un manque de rigueur
en matière de définition des segments d’activités et ont abouti à des prévisions
de chiffres d’affaires quelques peu surprenantes. Certes, ce marché est dur à
appréhender : on ne dispose que de très peu d’informations publiques et il
y a pléthore d’acteurs. Il serait nécessaire que les différentes associations
fédérant les industriels de la biométrie conduisent un effort permanent en matière
de lisibilité financière de l’activité de l’industrie biométrique. Dans le contexte
actuel d’interrogation sur les nouvelles technologies, c’est un préalable de plus
en plus nécessaire pour que ce secteur naissant d’activité se développe et acquière
une crédibilité auprès des acteurs financiers et des clients potentiels.
Parmi
différentes segmentation possible, nous retiendrons :
Les
systèmes de traitement automatique d’empreintes digitales de lutte contre la criminalité
(Police) :
Ces systèmes
sont plus connus sous l’acronyme AFIS (Automatic Fingerprint Identification Systems).
Travaux de recherches conduits initialement à la demande du FBI, aux alentours
des années 1970, par Calspan Autonetics et Rockwell, notamment, ces systèmes ont
véritablement attendu une dizaine d’années avant d’obtenir la confiance de la
communauté policière aux Etats Unis. Aujourd’hui, la quasi totalité des polices
modernes en sont équipées.
Sur
le plan technique, ces systèmes sont capables de gérer quelques milliers d’identifications
par jour sur des bases de données de quelques millions de personnes, voire quelques
dizaines de millions. Le dernier système dont s’est doté le FBI au milieu des
années 1990 avec environ 40.000 recherches par jour sur une population de 40 millions
de personnes est le plus puissant du monde. Ces systèmes policiers permettent
d’identifier des personnes à partir du relevé des empreintes des dix doigts, mais
se distinguent surtout des autres systèmes institutionnels ou civils, par leur
capacité à identifier des traces parcellaires d’empreintes digitales, souvent
de mauvaises qualités, laissées sur les scènes de crimes.
Sur
le plan industriel, ces systèmes sont fournis par des sociétés qui commercialisent,
installent et développent ces AFIS. Il existe trois acteurs historiques NEC (Japon),
Printrak racheté récemment par Motorola (Usa), Sagem (France) et un acteur plus
récent Cogent (Usa). Sagem, tant par son chiffre d’affaires que par ses références,
notamment celles du FBI et d’Interpol, est le leader mondial de ce segment de
marché.
C’est un segment
de marché mature, essentiellement de renouvellement, d’environ 150 à 200
[D1] millions de dollars par an.
Les
systèmes de traitement automatique d’empreintes digitales institutionnels :
C’est
le segment de marché de la gestion de la délivrance et de l’usage de droits institutionnels
tels que les cartes d’identité, les pensions, la sécurité sociale, les passeports,
etc… Cette demande du marché est relativement récente et date des années 1992/1993.
Sur le plan technique,
l’AFIS n’est qu’un des éléments d’une solution plus complexe, reposant sur la
fabrication de titres sécurisés permettant un contrôle ultérieur du détenteur
par analyse d’empreintes digitales et englobant parfois la gestion d’un état civil.
Ces systèmes portent sur des populations plus importantes que celles des systèmes
de lutte contre la criminalité, et se caractérisent par des demandes d’identification
élevées, quelques dizaines de milliers, sur des bases de données de plusieurs
dizaines de millions de personnes. L’importance des flux à gérer nécessite des
architectures différentes et plus complexes que des Afis à usage policier. L’identification
de traces disparaît au profit plus systématique de l’authentification.
Sur
le plan industriel, les réponses aux appels d’offres des Etats se font au moyen
de Consortiums conduits par des intégrateurs (TRW, Unisys, Siemens, IBM…), auprès
desquels on trouve les traditionnels fabricants d’AFIS (Motorola, Nec, Sagem et
Cogent) et des fabricants de titres (Polaroid, Gemplus, Oberthur, Gesiecke et
Devrient..). Sur ce marché, Sagem a remporté la majorité des appels d’offres,
soit comme fabricant d’AFIS, soit dans un certains nombres de cas récents en offrant
une prestation complète d’intégrateur, de fabricant d’AFIS et de production de
titres sécurisés.
C’est
un segment de marché en développement, d’environ 50 à 100
[D2] millions de dollars par an, avec des cycles de décisions longs (plus
de trois ans). On peut estimer que sur les dix dernières années, l’ensemble des
contrats signés a concerné près de 275 millions de personnes[i]. Ce segment de
marché généralement structurant : un état qui se dote d’un titre sécurisé
par une technique biométrique, favorisera l’usage de ce titre à d’autres fins
que le seul contrôle de l’usage du droit. C’est par exemple le cas de la Malaisie
avec le projet GMPC (General Multipurpose Card) qui se propose de gérer le permis
de conduire, le passage aux frontières et un porte monnaie électronique, le tout
dans une seule carte sécurisée par empreinte digitale.
Les
terminaux de traitement automatique d’empreintes digitales :
Premiers
prototypes dans le milieu des années 1970, et premiers produits commerciaux offerts
sur le marché au début des années 1980, ces terminaux se sont adressés, dans un
premier temps, à des marchés de contrôle d’accès et/ou de gestion du temps, avec
pour clients des structures gouvernementales (prisons par exemple), et plus rarement
des sociétés commerciales et industrielles.
Sur
le plan technique, les solutions proposées peuvent aller du capteur d’empreintes
connectable à un PC accompagné d’un logiciel de traitement, jusqu’au boîtier de
contrôle d’accès remplissant des fonctions d’authentifications et plus rarement
d’identifications. Dans ce dernier cas, la comparaison s’effectue sur quelques
milliers d’empreintes en quelques secondes.
Sur
le plan industriel, les ventes sont souvent réalisées par des intégrateurs, des
distributeurs ou des sociétés spécialisées sur des segments verticaux de marché
(le transport, la santé..). Les équipements sont conçus par une myriade (plus
de 140 début 2001) de petites sociétés, plus ou moins solides, et n’ayant que
rarement des capacités de production et d’évaluation de performance de leur technologie.
Les années 1998 – 2001 ont vu un début de consolidation [ii] avec l’acquisition
notamment d’Indenticator par Identix pour 43 millions de dollars, les difficultés
de Veridicom (société ayant pourtant réuni quelques actionnaires significatifs
comme Intel, ATT et Lucent Technologies), et Ethentica (avec des actionnaires
tels que Citibank et Phillips Electronics) ne devant son salut que par l’injection
de 40 millions de dollars et l’arrivée d’HP et Amdhal à son capital. Cette consolidation
devrait se poursuivre pour aboutir probablement à une dizaine d’acteurs, aucun
« pure player » sur ce segment de marché ne gagnant de l’argent.
L’acteur
historique sur ce marché est la société américaine Identix. Depuis maintenant
deux ans, Sagem a commencé à entrer sur ce marché en proposant des technologies
éprouvées dans le milieu de la lutte contre la criminalité et difficilement accessibles
aux sociétés traditionnelles de ce segment de marché.
C’est
un segment de marché encore naissant malgré son âge, mais en développement rapide.
Au sous-segment traditionnel du contrôle d’accès, vient s’ajouter depuis peu une
demande en matière de contrôle d’accès logique (PC, transactions sur Internet
et intranet..) et devrait être suivie par une demande en équipement personnel
(PDA, téléphone).
Le marché
des terminaux biométriques fait l’objet d’analyses de marché quelques peu divergentes.
Selon les sources[iii] [iv] [v] [vi], il est évalué entre 66 et 196 millions de
dollars pour 2000, toutes technologies confondues. Par contre, il existe un consensus
pour reconnaître que la technique d’analyse par empreinte digitale est la plus
fréquemment retenue par le marché. Une majorité d’analyste estime qu’avec une
part de marché évalué entre 37% et 55% et une croissance d’au moins 40% par an,
l’empreinte digitale est la technologie la plus prometteuse en matière de produits
biométriques.
En matière
d’applications, trois sur-segments se dégagent : celui historique et mature
du contrôle d’accès physique qui devrait poursuivre une bonne croissance, celui
des applications horizontales (télécommunication et informatique) qui devrait
connaître une croissance plus rapide que celui des applications verticales (santé,
transport, immigration…).
Enfin,
s’agissant de la répartition géographique des marchés, pas de surprise, l’Amérique
du Nord confirme sa situation de pionnier, avec l’Asie et l’Europe suiveurs.
En
résumé, le traitement automatique de l’empreinte digitale représente un marché
de 250 à 500 millions de dollars, composé de plusieurs segments à des stades de
maturité différents.
Les
différentes technologies :
En matière de composant matériel, les différences portent essentiellement
sur les caractéristiques techniques d’acquisition de l’image d’empreinte digitale :
La technologie du capteur : optique, capacitif, ultrason, « e-field »
Le mode de saisie : 2D ou 1D (glissement du doigt sur une
barrette)
La
définition : de 250 à 500 dpi
La surface d’acquisition : de 11 x 14 mm² à 22 x 24 mm²
Toutes
ces caractéristiques ont des avantages et des inconvénients ; mais d’une
manière générale pour des applications nécessitant des performances élevées, le
capteur optique 2D à 500 dpi avec une grande surface d’acquisition reste pour
l’instant le meilleur choix, pour un prix qui reste encore remarquablement compétitif.
En matière de logiciel, il faut constater que le discours se
fait beaucoup plus aujourd’hui sur les caractéristiques du matériel au détriment
des aspects logiciels. Il existe deux grandes origine différentes de logiciel :
les logiciels issus directement d’une expertise en système policier et les autres.
Sauf impasse technique, cette première catégorie est généralement plus éprouvée
et plus mature. On peut distinguer les logiciels qui effectuent la reconnaissance
sur :
les seuls points
caractéristiques
les points
caractéristiques et les comptages de crêtes
les
points caractéristiques avec des informations locales autres
Le
débat en la matière est de savoir si les seuls points caractéristiques sont suffisants
pour identifier et/ou authentifier, des empreintes de mauvaises qualités, avec
de bonnes performances,. Certains ont voulu compenser la perte de qualité par
plus d’informations (comptage de crêtes ou autres techniques). Il s’avère généralement
que quand une empreinte est mauvaise prendre plus d’informations n’est pas un
choix gagnant. Cette assertion n’est pas évidente et a fait l’objet de discussions
internes prolongées avant que nous décidions de concentrer nos efforts, dès 1983,
sur les seuls points caratéristiques. Outre l’économie de place pour stocker le
« template », les performances obtenues par Sagem, lors de récents tests
comparatifs ont toujours surpassé les autres technologies en compétition. Le récent
choix de l’ « American Association of Motor Vehicle Administrators »
[vii] de retenir comme standard de description biométrique un format reposant
sur les seuls points caractéristiques est une avancée significative et classe
le débat.
La capacité à
identifier – versus la simple authentification -, est un critère relativement
récent et fortement différenciant, en matière de logiciel. Une telle fonction
permet, dans certaine application de sécurité et de confort, de supprimer les
badges. Avoir de bonnes performances en identification est autrement plus difficile
qu’en authentification, aussi bien peu de société propose des fonctions d’identification
efficaces.
A propos de
performance et de coûts :
Il
y a une quinzaine d’années, la presse internationale s’était faite l’écho d’expériences
biométriques malheureuses. Malgré cet insuccès qui a sûrement nuit au développement
de cette technologie, force aujourd’hui est de constater que la plupart des sociétés
ont une politique essentiellement axée sur la réduction des prix avec un message
lénifiant et identique sur les performances. Les prix de ventes sont effectivement
passés, ces dernières années de plus de 1000 dollars à 100/200 dollars [viii].
Des projets à quelques dizaines de dollars sont actuellement dans les plans de
nombreuses compagnies. Mais en matière de performance, le discours reste commercial
et extrêmement peu de systèmes biométriques respectent les performances qu’ils
annoncent. Cette situation ambiguë perdure, car il est particulièrement difficile,
pour une société, d’apprécier les performances réelles lors de la mise en œuvre
de systèmes biométriques : les faux rejets sont immédiatement perçus par
les utilisateurs alors que la fausse acceptance est beaucoup moins mesurable.
Sur un autre plan, depuis
quelques années, les critères d’évaluation ont lentement évolué, probablement
avec la maturité du marché. Le prix d’acquisition étant de moins en moins différenciant,
on est passé lentement du critère « prix de vente » à « facilité
de mise en œuvre, fonctionnalités, convergence avec des outils de gestion de clés
publiques (PKI)…» ; laissant encore de côté l’un des aspects les plus fondamentaux :
la sécurité.
Il faut s’attendre
à ce que des projets connaissent de cruelles désillusions lors de déploiement
en phase opérationnelle.
Quel
avenir pour la biométrie :
S’il
n’y avait qu’un seul message à retenir ce serait probablement : « La
biométrie se développe beaucoup plus rapidement que ne le pense un certain nombre
d’acteurs européens ». Il est raisonnable de prétendre que cette technologie
connaîtra un développement massif et généralisé probablement dans les cinq années
[ix] et sûrement dans les dix années qui viennent.
Son
développement plus ou moins rapide sera conditionné au premier chef par la mise
en place de standard et l’acceptation par les utilisateurs, ces deux points représentant
plus de 51% des motifs de frein du développement de la biométrie d’après le « Biometrics
in Human Services User Groups » [x] .
De
manière plus exhaustive, l’on peut retenir comme conditions de construction d’une
industrie de la biométrie :
1.
La définition de règles d’usage définies par les organismes de protection de données
et des libertés individuelles. A ce sujet, devant le développement accéléré d’approches
techniques variées, authentification versus authentification, ou encore plus fondamentalement
techniques non perceptibles à l’usage par l’utilisateur (voix, visages notamment),
le traitement au cas par cas des autorisations d’applications biométriques, devra
probablement laisser la place à un corps légal définissant à quelles conditions
la Justice peut utiliser de telles informations.
2.
S’agissant de l’acceptabilité de la technique par des utilisateurs, il est bon
de remarquer que s’il existe des réticences de leur part avant de déployer une
solution biométrique, cette perception tombe à l’usage dans plus de 98% des cas
devant le confort et les avantages des solutions biométriques. La réticence à
priori devrait donc tomber avec le déploiement d’opérations pilotes.
3.
Les trop nombreux standards devront déboucher vers un consensus industriel
:
BioApi retenu par l’U.S. Army,
Bapi
choisi par Microsoft,
BIR format de description de template
de Bioapi,
CBEFF portant sur un format d’échange
de données,
l’AAMVA avec son standard de description
des points caractéristiques,
ANSI X9.84 normalisant l’usage
de la biométrie dans le cadre d’applications financières, Critères communs en biométrie sous l’égide de l’U.K. Biometric
Working Group et de la German Information Security Agency,
ISO SC17 portant sur l’usage de
la biométrie sur les cartes,
et
il est certain que quelques industriels clés – Microsoft notamment pour ne pas
le citer - auront quelques responsabilités en la matière. L’interopérabilité des
« templates » est un sujet qui devra être adressé pour déboucher vers
un déploiement mondial à grande échelle de cette technologie.
4.
La mise en place de standards de performance et de services d’évaluations
conduits par des organismes tiers, réellement indépendants, devraient permettre
au marché de mieux comprendre ce qu’il achète à savoir de la sécurité ou du confort.
Un bon point est à attribuer pour les efforts continus du National Biometric Test
Center de San José University et à l’université de Bologne avec la conduite du
premier test compétitif d’algorithmes de traitements automatiques d’empreintes
digitales, ainsi qu’aux travaux de l’U.K. Biometric Working Group et du German
Information Security Agency. Il est à regretter, par contre, sur ce sujet le peu
de retombées opérationnelles – voire l’échec - de l’intéressant projet biométrique
européen BIOTEST qu’il serait utile de revitaliser sur des bases différentes.
Sur un plan plus local, en France il n’existe pas pour l’instant de projets gouvernementaux
sur ce sujet, contrairement à ce qui se fait en Angleterre sous l’égide du « Communication
Electronic Security Group » du Ministère de la Défense (Biometric Working
Group), ou encore en Allemagne (German Security Agency), au Japon avec le MITI
(National Project of Test and Evaluation for Biometrics Technologies), ou à Hong
Kong (The Biometrics Technology Center).
5.
Sur le plan technique, avec le développement du marché et l’évolution des valeurs
(transactions financières, accès au domicile, à la voiture…) faisant l’objet de
protections biométriques, les industriels devront entamer la classique poursuite
technologique contre les nouvelles tentatives de fraudes qui ne manqueront
pas d’apparaître.
6.
Enfin une consolidation, déjà commencée, du secteur devrait faire naître une vraie
industrie de la biométrie développant des produits de qualité à des coûts compétitifs.
Il est à craindre que seuls les acteurs, ayant une réelle compétence en la matière,
qui peuvent adosser leur activité biométrique à d’autres activités plus lucratives
tireront leur épingle du jeu.